
Le Cadim: Histoire d'un projet qui fonctionne
Le Centre d’Appui au Développement Intégral de
Mbankana (CADIM) est une ONGD qui oeuvre depuis 1995 avec le soutien de la Fondation « Hanns Seidel
» dans la recherche de solutions aux problèmes liés à la sécurité alimentaire
et à la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo. Son champ
d’action géographique se situe sur un rayon d'environ 80 km autour du village de
Mbankana sur le Plateau Bateke à 145
km de la capitale Kinshasa sur la route de Kikwit.
L'intervention du CADIM s'adresse principalement à un
type de population particulièrement vulnérables, les ruraux. De ce fait, ses
interventions sont orientées de manière prioritaire en réponse aux besoins
spécifiques exprimés par les populations concernées dans le cadre des
stratégies de développement retenues pour les agro-écosystèmes de l’hinterland
de Kinshasa.
Les problèmes contribuant principalement à la pauvreté et au manque de
souveraineté alimentaire de la région du Plateau de Bateke peuvent être classés
en plusieurs grands catégories dans lesquelles le CADIM s'investi activement :
- le sol de la
région est pauvre
- le revenu des
exploitants du milieu est très faible
- divers problèmes
liés à la culture du manioc et à sa transformation ainsi que des problèmes
d'approvisionnement en eau potable existent.
Pour remédier à la pauvreté des sols,
plusieurs mécanismes ont été mis en place. Le CADIM a introduit un système
d’élevage de petits ruminants, de bovins et de volailles. Les déjections de ces
derniers servent ainsi d’enrichissement des sols. De même, des pâturages ont
été aménagés pour les animaux et des espèces agrostologiques y ont été
ensemencées. Des espèces ligneuses ont également été implantées.
Afin d'augmenter et de diversifier le revenu des exploitants du milieu, le
CADIM encourage ces derniers et les accompagne dans l’utilisation de cultures
qui s’adaptent bien à l’écologie du milieu tels que le manioc, le niébé et
autres légumineuses à graines. L’agroforesterie et l'apiculture sont aussi déjà
pratiqués et la culture des champignons est envisagée pour diversifier et
augmenter le revenu des agriculteurs.
L’utilisation d’intrants naturels tels que le fumier permet d’éviter des
dépenses pour l’utilisation d’intrants chimiques. L’utilisation de la culture
attelée permet également d’augmenter la productivité. Des projets
d’implantation des piscicultures sont présentement en cours. La
rentabilité de ce secteur est cependant freinée par la pauvreté des sols. Le
CADIM a donc investi en recherche et en développement dans ce secteur pour
permettre de le rentabiliser.
Après une longue période caractérisée par la présence de maladies du manioc et
autres ravageurs dans la région, la production de manioc est à la hausse et sa
valeur marchande commence ainsi à baisser. L’invasion des marchés par des
produits extérieurs tels que le pain de blé et le riz thaïlandais, qui sont
subventionnés par les pays qui les exportent, constitue aussi une nuisance à la
commercialisation du manioc. Pour remédier à ce problème, des solutions de
transformation du produit sont à l’étude en association avec IITA pour
l’introduction de machines de transformation du manioc.
En ce qui a trait à l’approvisionnement des villages en eau potable, le CADIM
utilise présentement une motopompe pour son centre mais une solution durable
telle que la mise en place d’un système de roue à aube est en cours. Dans les
villages, des systèmes de captage d’eau de pluie des citernes communautaires en
fibrociment et le captage et la distribution d’eau de source sont des projets
qui nécessitent davantage d’études et d’investissements.
Nous pourrions citer un dernier problème du fait que le CADIM, faute de moyens
adéquats, n’arrive plus à satisfaire à la demande du milieu, ce qui constitue
un handicap pour la pleine croissance socio-économique de la région. Les
partenaires engagent des fonds pour des programmes mais seulement 10% du
montant est alloué aux frais de fonctionnement, ce qui engendre des dépenses au
CADIM au niveau des logistiques de transport, de réparation des matériaux, de
suivi-accompagnement et de prise en charge. Le CADIM étant la seule ONGD de
cette forme dans la région, il n’y a pas d’autre organisme pour supporter le
programme d’aide de la région. Plus les actions prises par les partenaires du
CADIM sont nombreuses, plus les moyens du centre se révèlent être insufisants.
En plus des secteurs susmentionnés, le Centre d’Appui au Développement Intégral
de Mbankana est aussi actif dans les secteurs suivants :
- Supervision des
écoles paysannes : projet réalisé avec le FFS/FAO.
- Gestion d’une
station météorologique de référence pour le Plateau des Batékés, en
collaboration avec le Mettelsat.
- Implantation
d’une raido-rurale associative/Francophonie.
- Appui et soutien
aux écoles primaires et secondaires du milieu.
- Appui au
programme de vaccination, lutte contre la trypanosomiase et VIH/SIDA.
- Maintenance des
axes routiers secondaires.
- Gestion d'un
programme d'alphabétisation conscientisante en faveur des femmes et autres
groupes défavorisés.
En somme, l’ensemble de ces
implications permettent au CADIM, à travers les différents forums auxquels ses
dirigeants participent, d’influencer ne serait-ce que peu, les politiques et
orientations au niveau national dans le domaine de la sécurité alimentaire et
de la réduction de la pauvreté